Alice Santini est une artiste contemporaine, dont le travail oscille entre engagements sensibles, récits invisibles et attention aux espaces intimes. Son langage visuel mêle lumière naturelle, atmosphères suspendues, portraits couteux de silence et de présence. Elle construit des œuvres qui ne cherchent pas à tout montrer, mais à laisser percevoir ce qui résiste, ce qui palpite derrière l’ombre, les absences, les temps suspendus. Son travail laisse beaucoup de place au silence et au non‑dit. Le « reflet d’un esprit » plus que la présentation d’une identité stricte : Alice ne cherche pas à créer un portrait sociologique ou psychologique strict, mais à capter l’empreinte, l’ambiance, la présence diffuse de ceux qui habitent ou ont habité un lieu. Parmi ses projets personnels les plus marquants, Haïti – Cinq ans après le séisme (exposé en 2018 à la Mairie du VIIᵉ, Paris) et We Didn’t Meet (exposition au 100ECS à Paris 12 en 2018, à la Rotonde de Stalingrad à Paris 19 et au Centre Culturel du 10ème à Paris 10 en 2023) témoignent avec force de son orientation vers la mémoire, le non‑lieu et les rencontres manquées — autant de thèmes qui irriguent sa pratique.
Alice Santini forge une œuvre où la mémoire, l’absence, la rencontre (ou non‑rencontre) revêtent autant d’importance que la présence. Haïti et We Didn’t Meet sont deux versants d’un même désir : écrire avec la lumière, les données, l’air et l’audio ce que le temps a creusé dans les corps, dans les lieux, dans les espaces. Son travail ne cherche pas la spectaculaire mais l’intime, le fragile, l’invisible — et c’est là qu’il trouve sa force, sa poésie, sa vérité. En somme, la démarche d’Alice Santini est un geste délicat, qui mêle mémoire, lieux, lumière et affect dans chacune de ses installations.. Un geste de fidélité à ce qui est fragile, à ce qui habite, à ce qui résiste. Un travail où l’art photographique se fait espace de présence, de retenue, de respiration.
Toutes les installations d’Alice sont polymorphes selon les lieux qu’elles occupent et cherchent, par leur balancement constant une interaction au-delà du regard et le l’ouïe du visiteur, qu’elles invitent à interagir avec elles avec le toucher par exemple, en retournant des visuels cachés par un courant d’air, l’ombre d’un feuillage, un voile.
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